"Biopiraterie"
Vandana Shiva
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| | AP Photo - Pier Paolo Cito
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Auteurs: GODDEFROID Martin
COLLIN Perrine
MAUGHAN Noémie
TEZZO Xavie
NDEYE Maximo
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Présentation de Vandana Shiva
Avec cette victoire, nous avons démontré que ce que nous appelons le phénomène de biopiraterie est bel et bien réel, que tous les brevets ne portent pas sur des réelles inventions. Même si cet exemple suscite lespoir, il reste pourtant unique et les lois internationales qui promeuvent la biopiraterie existent toujours. Justice ne sera faite que lorsque ces lois seront réformées. »
Cest avec ces mots que sexprime Vandana Shiva, écologiste et féministe indienne de renom, lors de notre rencontre avec elle dans le cadre de son dernier voyage en Belgique.
Initiatrice de la campagne nationale pour le margousier (neem tree) en Inde, cette physicienne, docteur en philosophie des sciences de formation et auteur de nombreux ouvrages de « vulgarisation » concernant les problèmes de leau, de lindustrie textile, du terrorisme alimentaire
nen démord pas ; le combat ne fait que commencer
combat quelle mène pourtant depuis de nombreuses années. Avec une ardeur et une foi époustouflantes, elle cumule les fonctions de direction de la Fondation de la recherche pour la science, la technologie et lécologie et de rédactrice en chef adjointe de la revue The Ecologist et, lorsquelle ne court pas aux quatre coins du monde, elle réside dans lUttar Pradesh (état du Nord-Est de lInde) où elle a fondé une association : « Navdanya », véritable banque de semences et centre de référence en matière dagriculture organique.
Suivant de près les décisions publiées par lOMC, elle sindigne devant les accords TRIPS conclu en 1994 : « Cest de la folie, ils nous somment de breveter la vie, et par là, ôtent toute limite à la brevetabilité ! » Selon elle, considérer la biodiversité dun point de vue commercial, cest réduire toute sa créativité à quelques séquences de gènes définis comme « utiles », et en supprimer toute la dimension sociale ou culturelle, cette toile quelle tisse autour des besoins et des coutumes des populations à travers le monde. « Nous devrions laisser les brevets aux vrais inventions et la protection de la biodiversité (
) devrait dépendre dautres procédés adaptés. »
La législation indienne, à linstar de nombreuses législations nationales à travers le monde, ne considérait en rien les divers formes de vie comme des produits brevetables. Mais lavènement du traité global (calqué sur des ambitions et des compromis occidentaux) imposera désormais celui-ci comme seule loi effective. Sur ce point, Vandana est ferme : « Le problème est venu de lOMC, il doit donc être résolu par lOMC »
Face aux diverses compensations des inégalités engendrées par les brevets ou les méthodes de prévention prônées par les organisations internationales, elle reste sceptique : Si une loi internationale, elle-même, ne protège pas contre la piraterie, le "répertoire" à plus grande échelle ne fera que rendre cette dernière plus facile. »
Réduits à sadapter aux règles du jeu, certains pays, dont lInde, se sont pourtant attelés à la tâche colossale que représente lenregistrement des pratiques ancestrales et autres ressources potentiellement « piratables », tâche qui, bien entendu, demande un investissement financier conséquent, sans parler du temps, et qui nest pas à portée de tous.
Quelques ouvrages de Vandana Shiva
Interview de Vandana Shiva
Interview (15/11/05 ULB) (Enregistrement :voir avec sébastien Denys site où est disponible linterview enregistré)
Did victory in the neem affair progress justice relating to patent legislation? Which changes have occurred since?
Did the people of India feel concerned by the injustice of neem or did this problem only affect farmers? How was the debate perceived in India?
In the context of patent policy (that is to say the current policy) how can we envisage informing the rural population on the current situation?
Under which conditions could a patent present an advantage such as protection of resources for the indigenous people rather than penalising them like in the case of neem?
To the extent that the State does not sponsor them, how can companies raise the funds to pay their research without a patent? What would drive research?
Is the logging (data bases of ethnobiological knowledge) in each country a solution?
Did the Indian government take concrete actions?
Apart from patents, which means are there to protect genuine inventions?
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