L’intestin, le vrai coupable du foie gras ?

ULB · Faculté de Médecine · Sciences biomédicales ·

Par Arthur Varlot, Ysaline Petit, Alicia Colen, Salim Yousfi, Sarah Attia

Tuteur(s) : Alessandra K. Cardozo&Maxime Tarabichi

La stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH) est une maladie caractérisée par une accumulation excessive de graisses dans le foie, provoquant un mécanisme de défense de notre corps, à savoir une inflammation persistante dans le temps. Elle est étroitement liée à une alimentation trop riche en sucres et en matières grasses. En 2024, afin de mieux comprendre les mécanismes de cette maladie, des chercheurs de l’Université libre de Bruxelles (ULB), au sein de l’institut IRIBHM-Jacques E. Dumont, ont utilisé des “mini-organes” appelés organoïdes. Ces structures tridimensionnelles sont dérivées de cellules “spéciales” que l’on nomme cellules souches, capables de maturer en différents types cellulaires aux fonctions spécifiques (1). Grâce à ces organoïdes, les chercheurs ont mis en évidence des différences significatives entre les modèles issus de cellules intestinales de sujets sains et ceux provenant de sujets atteints de MASH. Dans un monde où la malnutrition progresse, avec près de 20 % de la population en situation d’obésité et 40 % en surpoids, l’alimentation se retrouve au cœur de nombreuses complications médicales. Cette maladie souligne le rôle central de l’axe intestin-foie dans son développement, en particulier à travers la perturbation de la couche protectrice de l’intestin, appelée la barrière intestinale ainsi que les dysfonctionnements des mécanismes d’absorption au niveau de cette barrière. Une alimentation déséquilibrée constitue un facteur majeur à l’origine de cette maladie (2). Dans une société où les fast-foods et les produits ultra-transformés dominent nos habitudes alimentaires, la question se pose alors : sommes-nous réellement prêts à modifier notre rapport à l’alimentation ? La guérison de la maladie peut-elle être envisagée, au moins en partie, via une prise en charge de l’intestin ?